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mercredi 15 avril 2009

J'irai mourir au Kalahari.

Trois ans.

« - Whouaaa ! super t’as trouvé du boulot. Putain après trois ans s’est génial.

« - ça fait pas trois ans que je cherche du boulot. ça fait trois ans que je sais ce que je veux faire et que j’attends qu’il y ait une place qui se libère c’est différent.

« - Oui ben quand même. Ça fait trois ans que t’as pas bossé et là ça y est. Tu commences quand ?

« - Au début du mois prochain.

« - Impeccable. T’as le temps d’en profiter encore un peu comme ça. C’est un CDI ?

« - Encore heureux.

« - Ben tout s’arrange c’est super.

« - Ouais tout s’arrange. J’ai plus qu’à me laisser glisser tranquillement jusqu’à la retraite. Je me collerai peut-être une petite dépression vers cinquante ans histoire de pas non plus faire dans le trop lisse. A moins que j’ai quitté ma femme quelques années avant. Ça compenserait. Et puis après je me la coulerai douce à la retraite en attendant de mourir. Ah ! C’est rassurant les CDI tu trouves pas ?

« - Ben ça te fais du bien de trouver du boulot toi. T’aurai préféré rester au chômage toute ta vie peut être ?

« - Je ne sais pas. En tous les cas ce que je sais c’est que le boulot c’est pas ce qui fait la vie. Ça évite d’avoir à se regarder toute la journée ça c’est sûr mais pour le reste, je te le dis, elle n’est pas là la vie. Le boulot c’est une activité rien de plus. Une distraction, une bouée de sauvetage, une raison d’être ou une façon de vivre...Mais ça n’est pas la vie.

Je t’assure qu’en trois ans d’attente j’en ai passé des jours à me regarder au fond, à me questionner, à me demander qu’est ce que tout ça pouvait bien signifier. Pourquoi lui plus que moi avait un boulot ? Pourquoi moi plus que lui j’avais un logement et une vie stable ? Des jours à me demander à quoi pouvait bien servir tout ce cirque. Aller faire la queue à l’agence pour l’emploi, aller aux entretiens, pleurnicher comme un gosse pour avoir des indemnités… Tout ça était tellement stupide que finalement j’en ai pris mon parti. J’ai appris la patience et avec la patience, l’humilité. Tu le crois ça ? Je me revois encore y’a trois ans, arriver remonté comme une pendule sur le marché du travail, plein de mes diplômes, de ma petite expérience et de mes illusions. C’est celles-là qui en ont pris le plus plein la gueule. Mes illusions. J’ai réalisé petit à petit qu’elles étaient celles d’un enfant et que j’évoluais désormais dans un monde d’adulte. Et chez les adultes y’a peu de places pour les illusions. Elles se fracassent contre le réalisme comme du cristal sur une dalle.

« - Si ça t’as pas rendu dépressif le chômage ça t’as au moins rendu philosophe. Heureusement que t’es pas resté plus longtemps sur la touche t’aurai fini mystique.

« - ça m’a pas rendu philosophe. Ça m’a rendu réaliste je viens de te le dire. 

« - Hum. Moi je croyais qu’on était venu boire des coups pour fêter ton retour aux affaires.

« - J’en suis jamais parti des affaires. J’ai juste pris un petit chemin de traverses pendant quelques temps. »

 

mercredi 4 mars 2009

J'irai mourir au Kalahari.

Deuil.

« -Et tu faisais de la photo ?

« - Ben oui.

« - Et pourquoi t’as arrêté ? Elles étaient supers tes photos.

« - C’est précisément pour ça que j’ai arrêté. Parce que mes photos étaient « supers ».

« - Je comprends pas.

« - Pendant vingt ans je n’ai fait que ça. De l’âge de dix-sept ans jusqu’à ce que vous arriviez toi et tes frères, je n’ai fait quasiment que de la photo. J’ai écumé les salons, j’ai organisé des expositions, j’ai rencontré des gens. J’étais tout le temps à droite à gauche à prendre des clichés et à tenter de les vendre. On me payait en pellicules, en liquide, j’avais des contrats en dent de scie mais de petits besoins alors ça compensait. Et puis j’ai rencontré ta mère. Et très vites nous vous avons eu.

« - Me dit pas que c’est à cause de nous que tu as tout arrêté ?

« - Non. C’est grâce à vous que j’ai pu faire le deuil de ce que je ne serais jamais. Tu vois, c’est un métier très difficile photographe. Il y a beaucoup beaucoup de prétendants. J’étais de ceux-là. Mais un jour j’ai réalisé qu’après mes expositions, les commentaires qui en découlaient été toujours les mêmes. Tout était toujours poliment super. Personne ne comprenait ce que je disais. Je faisais du joli travail mais ma voix, mes messages, restaient à l’intérieur des cadres sans pouvoir en sortir.

Je ne touchais pas les gens. C’était terrible parce qu’à chaque fois que j’avais à expliquer ma démarche je réalisais à quel point la marge était immense entre ce que le public voyait et ce que je voulais dire.

Lorsque j’ai rencontré maman, cela correspondait à une époque où je commençais à vraiment très fortement me remettre en question vis à vis à de ce que j’étais entrain de faire. Et j’ai eu peur soudain de me retrouver dans la peau du gars qui sans s’en rendre compte, aurait glissé de rôle du type attendrissant qui joue les artistes à celui du mec ridicule qui s’enfonce dans une impasse.

La différence entre ceux qui vivent de leurs photos et moi, c’est que certaines personnes, lorsqu’elles ouvrent la bouche, chantent. Quoi qu’elle fasse, elle chante et fascine. Moi lorsque j’ouvre la bouche, il n’y a rien qui sort. C’est beau mais terriblement silencieux et sans âme. C’est comme ça. J’ai essayé. Mais ça n’aurait jamais marché.

Mais je ne veux surtout pas que tu crois que j’ai abandonné ou que je me suis avoué vaincu. Je suis simplement arrivé au bout d’une route qui n’était plus la mienne…et j’en ai pris une autre bien plus heureuse, sur laquelle vous avez été mes vraies réussites.

« - Mais…quand même, tu ne crois pas que tu aurais pu devenir un jour ou l’autre un artiste connu  ?

« - Non. Un artiste on le voit et puis on s’en souvient, il te marque l’esprit. Moi on m’oublie, tout simplement. »

mercredi 18 février 2009

Conversation.

Point de vue.

« - Et là, qu’est ce que tu vois ?

« - Ben…la mer.

« - Mais encore ?

« - Je sais pas moi papy. On est assis face à la mer, alors forcément on voit la mer non ?

« - Oui tu as raison. On voit la mer. Mais regarde là, juste en face, c’est le port de plaisance. Derrière la digue, on peut distinguer les mâts des bateaux au mouillage qui dépassent à peine. Ils ne sont pas bien nombreux c’est un petit port tu sais. Tiens et regarde sur la droite au niveau du phare, il y a un ketch qui met les voiles. Peut-être une famille qui va s’amuser un peu en mer… ou un amateur qui va s’entraîner pour la régate de dimanche. Ce genre de bateau fut parmi les plus rapide à une époque. Maintenant il est un peu dépassé mais il peut encore aller très vite. Hum…à voir comment il prend son temps pour hisser ses voiles il doit plutôt s’agir d’un marin qui va prendre un peu de plaisir avec ce beau soleil et cette petite brise qui arrive.

On n’est pas bien assis ici ? On peut quasiment admirer toute la baie. C’est pas magnifique ? La ville blottie derrière ses remparts tout au fond de la anse là-bas sur notre gauche. L’océan qui s’ouvre entièrement sur notre droite. Et nous on est là, presque au milieu, perchés sur notre falaise, assis sur notre banc dans ce parc.

Oh regarde ! Trois cormorans qui volent ensemble. Tu les vois ? Là, face au chenal d’entrée du port.

« - Oui je les vois !

« - Ce sont des oiseaux extraordinaires les cormorans. Avec leur long cou et leur plumage noir qu’ils font sécher en ouvrant les ailes. Dés fois quand tu les devines à peine dans le brouillard, ils font un peu peur. Ils sont nombreux par ici. Comme les mouettes, les goélands, les sternes…

Ah et puis l’iode ! Tu sens cette odeur puissante ? C’est le parfum d’ici ça. Ça sent l’algue et le sel. Comme on est à marée basse ça sent encore plus fort. Respire. Vas-y respire bien, n’hésite pas. L’estran qui chauffe au soleil - l’estran c’est cette partie sombre qui se trouve entre nous et la mer, cette partie qui est recouverte ou découverte selon si la marée est haute ou basse – eh bien l’estran c’est lui qui en chauffant renforce encore cette odeur de mer qui nous entoure. Tout à l’heure on ira se promener sur les rochers. A cette saison dans certaines flaques, on trouvera peut-être des alvins.

Et puis là tu vois, on est abrité du soleil par un pin parasol. Il porte bien son nom celui-là hein ? On l’appelle comme ça à cause de sa forme et de l’ombre qu’il diffuse tout autour de lui. Tiens et t’as vu aussi les arbousiers On les reconnaît facilement parce qu’à la fin de l’été c’est eux qui ont leurs fruits tout rouge à l’extérieur et très jaune dedans.

Tiens et tu vois derrière les arbousiers si on se retourne un peu et qu’on regarde vers l’intérieur du parc, on devine un bâtiment blanc un peu rond, entouré de colonnes. Tu le vois là ? C’est une rotonde à l’intérieur de laquelle un orchestre vient jouer tous les dimanche quand il fait beau. Parfois même en hiver. Je l’ai toujours connu là cette rotonde. Toujours. Tu vois, c’est tout ça qu’il faut voir lorsque tu regardes. C’est tout ça qu’il faut voir et plus encore si tu peux. »

jeudi 12 février 2009

conversation.

Honnêtement.

« - Tiens salut !

« - Ah salut !

« - Ben qu’est ce que tu fais là ?

« - Ben rien je…je viens boire un verre avec un pote et…et voilà quoi. Et toi ?

« - Je te suivais. Depuis qu’on est plus ensemble je te surveille nuit et jour (…) Mais non je plaisante détend toi. J’aime bien ce café c’est tout. C’est quand même moi qui te l’ai fait découvrir je te rappelle.

« - Ah ouais ?! Je m’en rappelais plus tu vois. Ça fait tellement longtemps faut dire.

« - Tu vois toujours les autres ?

« - Plus vraiment en fait. Comme c’est moi qu’y t’es quitté beaucoup on prit ta défense et refuse de me voir sous prétexte que je suis un gros salop.

« - Ah bon pourquoi ?

« - Des bruits courent que je t‘aurai quitté pour une autre et donc ça fout les boules à certains. Enfin à certaines pour être exact.

« - Parce que c’est pas vrai ?

« - C’est pas vrai quoi ?

« - Que tu m’as quitté pour une autre ?

« - Ecoute on en a déjà parlé mille fois j’ai pas envi de revenir là-dessus. Tu sais très bien que…

« - Te fatigue pas ça va. J’ai fini par avaler la pilule t’inquiète pas. De toute façon c’est mieux comme ça. J’aurai jamais pas pu faire ma vie avec quelqu’un qui mentait en permanence.

« - Mais je t’ai dit la vérité…

« - Je te crois. Bon allez je te laisse. Y’a ton « copain » qui te fait signe depuis tout à l’heure avec ses jolies doigts manucurés et son décolleté de princesse derrière la baie vitrée. »

mardi 20 janvier 2009

Conversation.

Visite crispée.

« - Alors ?

« - Ben alors quoi ?

« - Ben t’en penses quoi ?

« - Ouais c’est pas mal…Mais euh…je le voyais pas comme ça en fait.

« - Quoi tu le voyais pas comme ça.Quand je te l’ai décris hier tu m’as dit que tu le visualisais hyper bien, faudrait savoir.

« - Oui mais entre un dessin sur la table de la cuisine et la réalité de l’appart y’a une marge tu vois. Les couleurs par exemple. Tu m’avais pas dis que la cuisine était jaune.

« - Jaune ?! Oui bon enfin dans les tons jaunes quoi, on en est pas loin quand même. 

« - Parce que t’appelles ça jaune toi ? Pour moi c’est coquille d’œuf, au mieux blanc crème. Mais c’est pas jaune, là tu rêves.

« - Bon d’accord, c’est pas jaune.

« - Et l’espèce de frise horrible qui fait tout le tour du salon, tu m’en avais pas parlé non plus.

« - ça change rien à sa disposition quand même. Frise ou pas frise il reste exposé plein sud. Et puis le plus important c’est le parquet avec la cheminée non ?

« - Hum…mais moi cette frise elle m’agresse. Ça change tout.

« - Ah elle t’agresse cette frise ? ! Non tu fais vraiment du mauvais esprit là. Enfin c’est toujours bon à savoir pour la prochaine fois. Avant de te faire venir je ferai un reportage photos qu’est ce que t’en dis ? Comme ça si y’a des trucs qui « t’agressent » ça évitera qu’on se déplace pour rien. Et qu’accessoirement tu me fasses perdre mon temps.

« - Oh c’est bon. T’es pas obligé de le prendre comme ça non plus. Je te donne mon ressenti c’est tout.

« - Ton ressenti ça fait un mois qu’on se le traîne alors t’es gentille mais là ça commence à me gonfler. Tu veux qu’on emménage ensemble oui ou merde ?

« - Oh monsieur monte sur ses grands chevaux. Faut pas s’énerver comme ça pour une histoire d’appart ça vaut pas le coup. Moi je veux bien qu’on emménage ensemble mais pas n’importe où c’est tout. Enfin si toi ça te dérange pas d’habiter dans un gourbi c’est toi que ça regarde.

« - Ffffffffffff. Bon j’en ai marre moi je rentre. Excusez-nous de vous avoir dérangé monsieur, je vous rappellerai demain pour vous dire ce qu’il en est de notre choix.

« - Attend on va pas partir comme ça. J’ai même pas vu la salle de bain. »

 

vendredi 9 janvier 2009

Conversation.

Responsabilités

« - Tiens ! Ils ont un rayon pour les putes ici maintenant ?

« - Oh ben quand même !? C’est juste un peu sexy y’a pas de quoi s’offusquer comme ça !

« - Pas de quoi s’offusquer comme ça ? Non mais t’as vue cette jupe Sainte Marie ? On peut même pas dire qu’elle est transparente tellement on voit à travers. C’est pas une jupe c’est un scanner pour sous-vêtements.

« - Oh ça y est la maman poule sort ses griffes pour défendre sa fifille adorée.

« - C’est pas parce que je fais attention à ce que je vais faire comme cadeau à ma fille que je suis maman poule. Elle est son mon unique responsabilité maintenant je te rappelle. Depuis que son père est partie c’est moi qui gère son éducation. Alors il ne s’agit pas de faire n’importe quoi.

« - D’accord mais enfin t’es pas obligée non plus de la cloîtrer dans un rôle de petite fille modèle sous prétexte que c’est toi qui en a la responsabilité.

« - Je ne cherche pas à en faire une petite fille modèle. Je cherche juste à ne pas faire en sorte qu’elle puisse me reprocher plus tard de n’avoir rien fait pour elle. Je veux juste qu’elle sente qu’au moins un de ses deux parents s’intéresse à elle pour ne pas qu’une fois grande, elle me reproche de l’avoir laissé se faire toute seule. Tu sais c’est peut-être pas facile pour moi depuis qu’il est partie mais moi je sais beaucoup de choses de la vie maintenant. Je sais que je peux rencontrer quelqu’un d’autre et que tout peut recommencer. Elle, elle a tout à découvrir. Tout. Et il ne s’agit qu’elle s’engouffre dans la vie avec un look qui lasserait à penser qu’elle est à vendre si tu vois ce que je veux dire. Il faut qu’elle reste maître de la situation, qu’elle prenne son temps. C’est important.

« - Parce que quand on avait quinze ans c’est ce que tu cherchais à faire peut-être ?

« - Quand j’avais quinze ans mon père était encore avec ma mère et c’était quelqu’un que j’écoutais et qui savait me dire ce que je pouvais faire ou non. Sans pour autant me commander.

« - Tu idéalises trop ton père ma vieille. Moi je me rappelle de soirées entières qu’on passait à le détruire parce qu’il ne t’avait pas donné l’autorisation de sortir plus tard que deux heure du matin.

« - Oui mais si à l’époque ça me plaisait pas je sais maintenant que c’était pour me rendre service.

« - Arrrrête avec ton discours passéiste. Je me suis élevée toute seule et je ne suis pour autant une paumée de la vie. Tu racontes vraiment n’importe quoi.

« - Je ne raconte pas n’importe quoi. Et je sais parfaitement que tu as très bien vécu avec des parents divorcés. Mais toi c’est différent, tu es euhhhh… bon enfin c’est pas pareil. Moi j’essaie surtout de me rassurer et de me dire que je vais devoir faire toute seule ce que mes parentes ont fait à deux. Et c’est pas facile crois-moi. »

mardi 6 janvier 2009

Conversation.

Intimité

« - Et là il s’est réveillé en pleine nuit, quasi en sursaut et il a dit « Elle est partie, elle est partie » presque en sanglotant. C’était vraiment étrange. Il faisait noir, complètement noir. Et moi je n’ai même pas eu besoin de me réveiller. C’était comme si j’attendais sereinement à côté de lui.

« - Et alors qu’est ce que t’as fait quand tu l’as vu comme ça ?

« - Je l’ai pris dans mes bras. Je l’ai pris dans mes bras et je l’ai serré tout doucement, comme quand je me levai pour consoler les enfants lorsque l’un d’eux avait fait un cauchemar. Et puis je lui ai caressé le dos. Je me demande même si je ne suis pas mise à chantonner. Au début je crois qu’il était tellement paniqué qu’il ne devait même pas sentir que j’étais contre lui. Il tremblait et tous ses muscles étaient contractés. Il était parcouru de tressaillements comme si il avait soudain, pris un coup de froid. Il a essayé de dire quelque chose mais les mots se sont chevauchés et ont fini par se noyer à la sortie de sa bouche. Je ne sais pas ce qu’il a voulu dire. Et puis il s’est calmé. Petit à petit. Sans bruits. Je l’ai d’abord senti à sa peau. Elle est devenue chaude et moite. On est resté comme ça je ne sais pas combien de temps. Ce que je sais en revanche c’est que j’ai eu plusieurs fois le sentiment de nous revoir trente ans en arrière… la tristesse en plus. On se connaît depuis si longtemps. On se voit tous les jours. Les seuls moments où l’on se devine sont ceux de la nuit mais ils ne sont plus si courants.

Alors se retrouver comme ça, en plein milieu de la nuit, après cette conversation que nous avions eu sur l’état de délabrement de notre couple la veille, ça m’a fait bizarre. Bien sûr que je l’aimais encore avant qu’il ne monte au créneau et qu’il ne me dise que pour lui tout était entrain de vaciller. Bien sûr que moi aussi j’ai eu des moments de doute mais jamais au point de me dire que j’avais envi de le quitter…Ou alors peut être que je n’ai pas eu le courage de me l’avouer comme lui a pu le faire à ce moment-là va savoir.

Mais lorsque je l’ai entendu surgir de son sommeil en disant « elle est partie elle est partie » j’ai tout de suite su que c’était de moi dont il parlait. Il ne pouvait en être autrement. Maintenant même si nous allons devoir nous reconstruire parce que quelque chose c’est cassé entre nous, je suis certaine que nous allons pouvoir repartir ensemble vers autre chose. Tu ne crois pas ? » 

mercredi 17 décembre 2008

Conversation.

Mensonge

« - Et alors quoi ?

« - Et alors je lui ai rien dit.

« - …En même temps c’était y’a dix ans maintenant. On peut presque dire qu’il y a prescription.

« - Tu crois que la mémoire fait prescription peut être ? La question qu’il m’a posé c’est « est ce que tu as déjà trompé maman ? » en me regardant droit dans les yeux. Tu vois. C’est pas anodin quand ton gamin te demande ça alors que ça fait dix ans qu’il est avec la même fille.

« - Tu crois qu’il compte la tromper ?

« - Je sais pas et je veux pas le savoir. Tout ce que je sais c’est ce que je lui ai répondu. Je pouvais pas lui dire "oui" tu comprends ?... je pouvais pas endosser la responsabilité de son éventuelle infidélité. C’est pas possible ça. Alors j’ai menti. Maintenant s’il veut la tromper ben qu’il le fasse mais sans moi.

« - Mais les enfants t’es sûr qu’ils ont rien vu à l’époque ? Parce que moi je m’en rappelle y’avait quand même pas mal d’eau dans le gaz dans votre maison à ce moment là.

« - T’as toujours été mon pote je t’ai toujours tout dit à toi. Les gamins c’est pas pareil. On a toujours tout fait pour les préserver. C’est pas question de donner l’image du couple modèle mais disons que nos problèmes de culs, même si on s’enguelait un peu devant eux, on se les ait toujours gardé pour nous. Et puis de toute façon elle n’a jamais eu la preuve non plus que je l’avais trompé. Y’a que toi qui était au courant. Comment tu veux que les enfants l’aient su ?

« - Oh tu sais les gosses ils sont moins cons qu’ils en ont l’air. On pense qu’on les balade avec nos histoires mais ils ont vite fait de comprendre nos salades.

« - Ouais enfin de là à deviner que j’ai trompé leur mère y’a quand même une marge.

« - Peut être qu’il voulait juste savoir si t’étais honnête en fait. Peut-être qu’il a su que t’avais trompé sa mère et qu’il voulait voir si t’avais le cran de lui avouer.

« - Mais je te dis que personne ne peut savoir que j’ai trompé leur mère. Ça n’est pas possible !

« - Ben alors pourquoi il t’aurait demandé si tu l’avais déjà fait ?

« - Parce que je suis son père et que pour lui c’est un truc que je n’aurai jamais pu faire. Il voulait juste en avoir le cœur net au cas où un jour lui-même soit confronté au désir de trompé sa copine. Enfin c’est ce que je me dis.

« - Et pourquoi tu lui as pas juste dit la vérité ? Après tout votre couple a survécu, vous pouvez aussi faire valeur d’exemple.

« - Parce que je préfère garder l’image du père infaillible aux yeux de mon fils. »

vendredi 12 décembre 2008

Conversation.

Relation(s).

« - C’est quoi cette merde ?

« - Ben c’est une oeuvre l’art.

« - Tu rigoles ou quoi ?! Il a collé trois trucs ensemble et foutu une musique insupportable dans le fond, crois moi ça c’est pas de l’art. C’est du foutage de gueule.

« - C’est pas parce que tu ne comprends pas que t’es obligé d’être critique comme ça.

« - Ah oui, c’est vrai…je comprend pas…ben vas y alors explique moi toi qui comprend mieux parce que là je serai quand même curieux de savoir ce que tu vas pouvoir me raconter sur ce tas de…de…machins enchevêtrés qui vont du bleu ciel minable au vert sale affreux.

« - Ce tas de machins est un amas d’objets trouvés au hasard de la rue. Ce ne sont que des choses que l’artiste a trouvé dans son quartier. Il les a empilé de tel sorte que cela donne une impression pyramidale, en référence aux pyramides d’Egypte ou sud-américaine. Il y a donc une dimension sacré dans sa démarche. L’objet est déifié, il a cherché à lui donner de l’importance, à le sortir de sa simple fonction première. Mais en mettant du vert sali à la base, les salissures sont volontaires vois-tu, il symbolise la terre souillée par nos éléments entassés. Et comme le vert est aussi symbole de l’espoir, même l’espoir est contaminé. Cette terre qui comme tu le vois d’ailleurs, porte complètement le poids de nos déchets qui montent jusqu’au ciel…ciel incarné par la couleur bleue qu’il a situé en haut de son montage.

« - Hum hum… Et à vu de nez comme ça tu dirais qu’il est en quelle classe l’élève qui a fait ça ? CM1 ou CM2 ?

« - Roh tu m’énerves avec ton esprit étriqué ! Tout n’est pas toujours binaire, je suis désolé de te l’apprendre. C’est fou ce que tu peux être moqueur et mesquin quand tu comprends pas un truc.

« - Non mais attend je vais t’expliquer quelque chose moi. Ce tas de merdes trouvées dans la rue, iraient directement à la beine à ordure s’il n’était pas installé ici, au milieu de cette galerie avec un tas de cons prétentieux pour le regarder. Il ne ressemble à rien, il est hideux, il ne parle de rien et mieux, n’évoque rien. L’aspect esthétique a été broyé au profit d’un message débile et niais à souhait, vu et revu dix mille fois dans toutes les cours d’écoles ces dernières années. La seule justification de sa présence ici est du au fait que le petit génie qui a pondu ce truc couche avec le galeriste depuis six mois. Et c’est tout. »

mercredi 26 novembre 2008

Conversation.

Panique

« - Alors d’abord je t’emmerde…non mais je sais que tu le sais mais je suis contente de te le dire de vivre voix. Ça te paraît peut-être con mais ça me soulage tu vois…Deuxièmement toi et ta pute à dix balle vous pouvez…oui c’est une pute à dix balle…non mais t’as vu sa dégaine elle s’habille dans le noir c’est pas possible…oui non mais arrête de me couper la parole. Pendant trois ans tu m’as mené en bateau en me faisant croire que ci que là, que c’était moi et pas elle et le jour où je t’appelle pour te dire que je suis enceinte tu te casses alors tu permets je vais causer et tu vas m’écouter pour une fois. Parce que moi je suis peut-être naïve mais je suis pas irrespectueuse si un gros con comme toi peut voir ce que ça veut dire le respect. Moi je t’ai jamais menti et c’est sûrement pour ça que t’as pu me balader comme tu l’as fait. Avec moi tu savais toujours où t’allais alors que moi je te suivais en plein brouillard et putain ça a été dure. Mais je t’aimais. Me demande pas pourquoi c’est comme ça. J’arrive toujours pas à comprendre comment j’ai pu aimer un porc comme toi maintenant que le rideau est tombé. Tant que tu couchais un peu à droite à gauche j’ai souffert j’ai accepté mais je t’en ai jamais voulu. Peut-être parce que tous les matins c’était à côté de moi que tu te réveillais et que ça me rassurait quelque part de me dire que malgré tout tu rentrais toutes les nuits. Tes trompries c’était dure mais pas insurmontable. Après tout c’était toujours moi chez qui tu revenais. Mais être une sale merde au point de se barrer parce que je suis enceinte…et se barrer comme un voleur en plus. T’es venu prendre tes affaires en pleine journée. Tu te rends compte de ça. Pendant que j’étais au boulot… T’as paniqué ? Non mais je rêve. T’as paniqué !? Et moi je fais quoi alors hein ? Qu’est ce que je fais moi tu peux me le dire ? Qu’est ce que je fais si je panique aussi ? … Tu vas me filer de l’argent ? Mais t’as rien compris ou quoi ? Tu sais où tu peux te le foutre mettre ton fric de merde ? C’est pas une histoire d’argent. Ça n’a jamais été une histoire d’argent bordel. »

vendredi 21 novembre 2008

Conversation.

Pause clope.

« - T’aurai une cigarette steplait ?

« - J’ai que des roulés.

« - ça fera l’affaire.

« - ça fait longtemps que t’es là?

« - Dans cette boîte ? Deux ans.

« - Et alors ? Il est cool le boss ?

« - Si tu fais ce qu’on demande y’a pas de soucis. Ça fait combien de temps que t’es dans les échafaudages ?

« - Un an. J’ai fait la grande tour en ville l’année dernière. Après ils ont voulu me filer une mission dans une usine d’empaquetage. Mais j’ai redemandé rapido les échafaudages. Ça paye mieux.

« - T’étais à la grande tour ? T’as bossé avec Frezzato et le grand Jules alors ?

« - Ouai. Tu sais ce qu’ils deviennent ?

« -…Frezzato il s’est tué y’a un mois. Tombé d’une travée. A un an la retraite putain vraiment c’est con.

« - Merde. Ch’avais pas.

« - Le grand Jules il c’est trouvé une gonzesse. Il va être papa et il bosse dans une grande surface. Il gagne moins mais comme il avait le vertige il se sent mieux. Bon t’as fini ?

« - Presque.

« - Eh ben tise mon gars. C’est la pause clope c’est pas la pause glande. »

 

jeudi 20 novembre 2008

Conversation

Après le boulot.

 

« - Salut

« - Salut ça va ?

« - Ben ouais ma foi.

« - Alors t’es restée tard au final hier soir ?

« - Oh ben m’en parle pas. Après l’apéro au magasin, Philippe nous a tous emmené boire un coup.

« - Ah ouais où ça ?

« - Sur la grande place. Au bar qu’est tout rouge là tu vois.

« - Ah oui je vois. Et alors c’était sympas ?

« - Ouais ouais carrément.

« -…et c’est tout ? C’était carrément sympas et c’est tout ?

« - Ben oui qu’est ce que tu veux que je te raconte. On a bu des verres on a discuté et puis voilà.

« - Boh attend t’as toujours des trucs à me raconter d’habitude quand vous sortez. Il t’as encore tourné autour ?

« - Non. Pas lui en tous les cas…

« - AH ! Bon mais qui alors ?

« - Bon je te le dis mais tu le répètes à personne hein parce que sinon ça va foutre la merde.

« - Pourquoi ? C’est qui ?

« - François. Le grand de la compta.

« - Nooooooonn. Celui qu’est marié depuis même pas deux ans ?

« - Ouais lui. On a parlé on a parlé. Il m’a dit qu’entre lui et sa femme ça marchait plus très fort depuis qu’ils étaient mariés. Un peu comme s’il n’y avait plus de challenge tu voies. Il n’a plus besoin de la séduire quoi. Faut dire qu’elle a pas l’air vraiment marrante non plus.

« - Ah ben ça c’est sûr que si c’est lui qui te l’as décrit et qu’il avait envi de coucher avec toi, il a pas du lui faire de cadeaux, ça forcément. Bon et alors comment ça c’est fini ?

« - Ben comme on commençait a avoir pas mal picolé et que finalement il me faisait bien rire avec ses histoires on a fini avec deux autres par aller boire des verres chez moi. Et il est reparti super tard.

« - Mais vous avez couché ensemble ?

« - Oh disons qu’on s’est un peu tripoté. Mais j’ai mis le ohlà avant qu’on s’emballe de trop.

« - Pourquoi ?

« - Oh èh ça va hein ! C’est pas parce que j’aime bien le cul que je couche avec n’importe quoi n’importe comment non plus… Et puis ils aiment bien quand on les fait mariner un peu. »

samedi 20 septembre 2008

Conversation

Ressentiment

 « - Tiens salut….qu’est ce que tu fais là?

- Ben je me promène tu vois. Et toi?

-Moi aussi. Je..ah c’est marrant de ce croiser comme ça. Ça fait euh…

- Huit ans. Depuis notre saison au restau.

- Ouais c’est ça. T’as la mémoire des dates dit donc.

- Hum.

- Mais tu…t’habites ici depuis combine de temps ? Parce que c’est pas du tout ta région, enfin j’veux dire ni toi ni moi on vient d’ici c’est étonnant de se retrouver là comme ça.

- J’ai suivi mon mari. Il a trouvé un gros poste dans le coin alors voilà.

- Ah t’es mariée. Depuis combine de temps?

- Quatre ans. Et toi qu’est ce que tu fais là ?

- Ben moi je suis toujours avec euh…enfin avec la même femme avec qui j’étais.

- J’imagine.

- Et puis ben on a cherché à monter une boite et c’est ici qu’on a trouvé la meilleur opportunité. On a repris un magasin en gérance. Ça se passe bien. Faudrait que tu passes si tu veux.

- Non ça va aller. Ça m’ennuie déjà suffisamment de savoir qu’on est dans la même ville maintenant, je ne vais pas en plus venir te voir toi et ta femme. Aux dernières nouvelles tu devais la quitter pour qu’on vive ensemble après la saison qu’on avait passé tu te rappelles ?

- Non mais….

- Non mais quoi ? Oh et puis merde j’m’en fou de tes excuses minables et de tes embrouilles à la con. T’es une merde et moi j‘ai cru en toi l’espace d’un été. Je me demande bien comment d’ailleurs quand je te vois maintenant avec ton sourire de vendeur de canapé et tes fringues de flambeurs. J’ai presque honte d’être tombé amoureuse de toi. Parce que je l’ai été amoureuse. J’ai très vite déchanté je te rassure. Quand j’ai vu que tu ne répondais pas au téléphone je n’ai pas cherché à aller plus loin. Mais j’ai souffert. Et ne me dit surtout pas que tu es désolé parce que quelqu’un comme toi ne peut pas savoir ce que signifie être désolé. Mais ça me fait mal d’être tombé dans un panneau aussi grotesque que celui avec lequel tu m’as assommé. Alors à l’humiliation que tu m’as déjà infligé je préfèrerais m’éviter le ridicule d’excuses qui n’en sont pas. »

jeudi 26 juin 2008

Conversation

Au pied des ruines.

- Et tu vas acheter cette baraque ?
- Ben ouais pourquoi ?
- Mais…enfin c’est loin de tout. Et puis regarde ça y’a plus le toit il reste que les murs. Y’a tout à faire là dedans.
- Oh ça va n’exagère pas non plus. J’ai fait venir un expert. La charpente est bonne, y’a que la toiture à remplacer. Les fondations tiennent aussi la route et les murs sont sains. Y’a pas tant de gros œuvre que ça en fait.
- Mais t’as jamais tenu un marteau de ta vie tu sais même pas comment on fait du béton. Qu’est ce qu’il te prends ? C’est pas parce qu’elle t’as quitté que t’es autorisé à faire n’importe quoi !
- Arrête avec ça !
- Elle reviendra pas tu sais. C’est un rêve que vous aviez à deux ça. Tout seul tu vas t’y perdre.
- Mais arrêtes j’te dis !!!! J’achète pas cette baraque pour la faire revenir j’achète cette baraque parce que sinon je vais mourir, tu comprends. J’ai trop de temps, trop d’énergie pour me retrouver tout seul comme un con chez moi à rien faire.
Tu sais ce que c’est toi que de rentrer dans une maison vide après avoir vécu pendant vingt ans avec ta femme et tes enfants ? Tu sais ce que c’est que de voir la chambre des enfants sans personne dedans pendant une semaine ? Tu veux que je fasse quoi ? Que j’aille au restau claquer ma tune pour essayer de trouver un coup à tirer comme tous ces glands qui font une cure de jouvence en essayant de revivre leur vingt ans et de noyer leur solitude dans des fausses rencontres ?
Je peux pas faire ça. Je peux pas faire semblant. Alors oui cette baraque c’est de la folie. Je le sais très bien qu’est ce que tu crois. Mais il faut que je construise un truc. Il faut que j’ai un projet parce que ma vie est trop vide sinon. Et j’ai pas envi de sauter dans le vide….C’est pas la folie des grandeurs que j’ai…c’est la peur d’être seul qui me ronge. Avec cette maison, je le serai un petit peu moins. J’espère.
- Et si jamais tu rencontres quelqu’un ?
- Pour ça faut avoir envie. Et puis à notre âge, ça n’a plus la même signification de toute façon.
- Rencontrer quelqu’un c’est pas une question d’âge. Regarde…qui aurez parié qu’au tien t’allais enfin te faire copain avec une pelle ou une truelle.
- T’es con.

mardi 17 juin 2008

Conversation

« - Et tes parents ?
« - Ils sont morts mes parents.
« - Oh pa…pardon je…je ne savais pas.
« - Ben encore heureux. C’est pas marqué sur ma figure.
« - Mais…je…Pour un premier rendez vous, ça la fout mal quand même.
« - Bah comme ça c’est fait. Et puis de toute manière c’est ce rendez-vous tout en entier qui la fout mal, pas que mes parents soient morts.
« - C’était pas si mal jusque là.
« - Je joue très bien la comédie sur une courte durée. C’est quand je commence à être faux-cul trop longtemps que ça se complique. Tu trouves qu’on a l’air de quoi là ?
« - De deux personnes qui discutent, y’a rien de mal à ça.
« - Ouai, sauf que pour moi tout ça sent le plastique. Y’a pas d’odeur, pas de goût, pas d’aspérité. C’est lisse et ça glisse et moi j’ai pas de prise. Non mais regarde. J’ai même pas eu besoin de te séduire. On s’est balancé trois banalités sur internet, t’arrives déguisée comme sur ta photo des fois que je me sente trompé par la marchandise et depuis qu’on est assis l’un en face de l’autre on ne parle que de choses sans valeurs. Il a suffi que je mette un milligramme d’intimité pour que tu te sentes gêné. Tu trouves ça normale ?
« - Apprendre la mort des parents de quelqu’un c’est jamais très agréable, surtout balancé comme tu me l’as balancé.
« - T’as raison je devrai le mettre sur ma fiche comme ça ferait ça de moins à se dire et on pourrait tranquillement continué à parler dans le vide. Je crois que les rencontres sur internet c’est as fait pour moi.
« - Je crois que les rencontres tout court c’est pas fait pour toi….bon ben comme je suis pas venue pour me faire agresser mais pour passer une bonne soirée à la base, je suis désolée mais je vais pas rester avec toi plus longtemps.
« - C’est ça et bonjour chez toi. »

« - Alors ? Tu l’as baisé ?
« - Y’a que ça qui t’intéresses toi hein ? Tu l’as baisé tu l’as baisé ? Non je l’ai pas baisé. Elle s’est barrée au bout de dix minutes.
« - Quoi ? Mais comment t’as fait c’était tout cuit.
« - Je lui ai dit que mes parents étaient morts.
« - Bien. Bonne idée. Ça a du la mettre en confiance j’imagine. Pffff ! Putain mais qu’est ce que t’es allé lui raconter que tes parents étaient morts, ils pètent la forme. Tu pouvais pas partir poliment genre « heu non désolé je me sens pas bien faut que je rentre» ou un truc comme ça ?
« - Non, ç’aurait été trop facile. Je voulais la choquer. Et puis elle m’a pris la tête d’entrée avec des trucs inintéressants je te jure.
« - Ah ouais parce que toi t’as du briller de mille feux tellement t’étais intéressant non ? Te connaissant t’as du t’asseoir, la voir arriver te dire que ça aller pas le faire du tout et du coup te carapater dans un silence souriant en pensant « j’en ai rien à foutre de ce que tu me racontes. Je t’écoute même pas »
« - Exactement.
« - Mais alors pourquoi tu l’as taclé ?
« - Je voulais la faire réagir.
« - Ah ben ça a bien marché…Tu t’attendais à quoi ?
« - A ça !
« -……c’est pas comme ça que tu vas te trouver une nana mon vieux.
« - ça tombe bien j’ai pas envi de me trouver une nana. J’ai envi de trouver une femme avec qui je vais passer du temps et que tout ça sente un minimum la sincérité. J’ai pas envi de baiser Kelly Tartignolle qu’est pas assez maline pour se rendre compte que non seulement elle ressemble à une photo mais qu’en plus elle en a la conversation.
« - T’es dure.
« - Non. J’ai encore l’innocence de croire que je vais trouver. »