Sur le quai de la gare…
Elle écrase une petite larme,
Il la regarde derrière le carreau.
D’un regard elle lui offre son âme
Et d’un geste, il saisit le cadeau.
mercredi 5 septembre 2007
mardi 4 septembre 2007
Absurderie
L'extraordinnaire histoire de l'éléphant-phare
Connaissez vous l’histoire, de l’extraordinaire éléphant-phare ?
Je l’ai croisé un soir. Il était arrivé la veille, dans le sillage d’un cirque atypique : Le cirque Onflex ; ce cirque particulier que tout le monde connaît et qui met toujours un accent, à être différent. C’est pour ça qu’on pouvait voir dans les cages de sa ménagerie, des boa qui aboient, des girafes en cristal et des étranges chiens chilas. Il y avait aussi, parmi tous ces êtres insolites, les frères Dessans qu’on ne pouvait jamais séparer sans qu’ils ne deviennent fous et les sœurs Ciéres, un peu bizarres avec leurs nez crochus et leur menton en galoche. Bozo le premier clone humain était là lui aussi. Mais la star des stars, celui que tout le monde venait voir c’était bien sûr l’incroyable éléphant-phare. Dans l’après midi déjà, on avait pu l’apercevoir, marchant dans la ville.
Il dominait la foule de sa masse imposante. Chacun de ses pas faisait trembler le sol, déclenchant la rythmique d’une musique sourde et envoûtante. Ses grandes oreilles balayaient les airs déclenchant autour de lui des tempêtes de confettis qu’un homme, tout petit, perché en haut de son crâne immense, lançait par sacs entiers.
« - Venez, venez brave gens, hurlait il à pleine voix, venez voir venez entendre ce soir sous notre grand chapiteau bordé de noir, l’incroyable, l’inénarrable, la terrible musique, de l’éléphant-phare. Venez entendre et venez voir, celui qui repousse la nuit, qui la broie et la détruit comme si elle n’avait jamais existé. Venez ce soir tous, chers amis, admirer l’incroyable, éléphant-phare.»
Car si de jour le mastodonte était imposant, il ne restait qu’une masse grise et compacte. Certes on sentait bien chez lui, une pointe de malice, glisser dans ses yeux lisse, mais rien à voir avec ce qu’il était vraiment. Car c’était la nuit, que l’on appréciait le mieux, la démesure de son talent. Lorsque l’astre solaire abandonnait la terre, lorsque la nuit et son cortége de d’ombre envahissait l’espace, alors seulement, se révélait la véritable nature de l’éléphant.
On disait, qu’il connaissait mille sarabandes endiablées qui lui auraient été apprises par Belzébuth lui-même ; on disait qu’il brillait dans la nuit, tel une étoile, un éclair et qu’à ses côtés, le temps filait comme le vent. On disait qu’il était souple comme un serpent et léger comme une plume ; qu’il pouvait être gracieux comme un flamand et courtois comme une enclume. On disait…tant de choses sur l’éléphant-phare. Tant de chose.
Arriva le soir et la représentation. Le spectacle passa entre les pitreries de Bozo et les forfanteries des boas. Tout le monde applaudit poliment, un monsieur bailla. Puis vint le moment où monsieur Loyal, un brin cérémonial, annonça de sa voix nasale :
« - Mesdames mesdemoiselles messieurs, voici enfin venu le moment que vous attendez tous, le moment d’appeler parmi nous…l’éléphant-phaaaaaare !!!!! »
Dans le fond de la scène, les lourds rideaux rouges s’entrouvrirent. Il apparut, calme. Il semblait même un peu pataud sous ce grand chapiteau. La foule explosa en un hurlement de joie. Tout le monde était là pour lui. Tout le monde voulait voir et entendre, celui qui repoussait la nuit. L’éléphant calmement, vint se positionner au centre de la piste. Il s’assit, toujours tranquille et posé et d’un tressaillement calculé, fit tomber l’immense couverture qui le recouvrait jusque là. Dans le même temps, les lumières baissèrent alors que lui se mit à briller. Mais c’était au début, une lumière sourde et douce. Un peu surpris, le public attendit. C’est alors que devant ses yeux ébahis, il vit l’animal se mettre sur ses deux pattes arrière comme pour mieux se tenir debout. Puis tout doucement, il tendit sa trompe et se mit, dans un rythme lent et sensuel d’une étrange légèreté pour un animal si puissant…il se mit donc à balancer son bassin, de la droite vers la gauche.
De sa trompe, une musique extatique se mit à couler et ainsi emmener par ses rythmes langoureux, l’éléphant-pahre se mit à danser.
Oui mesdames et messieurs, j’ai bien dit à danser. Petit à petit il accéléra le tempo, augmenta la brillance de sa peau, joignant musique et lumière dans une chorégraphie des plus singulière. Le son enfla, la musique grandit et même déborda comme une rivière en furie, emportant la retenue et laissant loin derrière toutes les bonnes manières. Tout à son mouvement l’éléphant lui, dansait et jouait comme si de rien n’était, emportant dans le flot de sa folie furieuse une foule de plus en plus joyeuse, éclaboussant ces âmes curieuses de giclées de notes goyeuses. Certains ne savaient pas quoi faire. Devaient ils suivre cette bacchanale sulfureuse ? Tout ceci était il bien au programme ? Mais la plus part, emporté par la magie des notes et des lumières, ondulèrent et à se trémoussèrent aux rythmes endiablés que diffusait tout autour de lui l’éléphant-phare. Et cela dura dura et dura. Le temps fondit en un lingot flamboyant dans chacune de la mémoire des gens.
Et puis vint le jour. Petit à petit, les spectateurs, certains un peu étourdi, reprirent leurs affaires, leurs esprits et vers de nouvelles aventures, s’en allèrent. L’éléphant-phare lui, vaincu par le soleil, s’éteignit, presque sans bruit. Il semblait soudain moins gros, moins plein, moins agile et moins habile. Et pourtant c’était bien lui, l’animal qui repousse la nuit. L’incroyable, éléphant-phare, qu’un soir moi, j’ai pu voir.
Je l’ai croisé un soir. Il était arrivé la veille, dans le sillage d’un cirque atypique : Le cirque Onflex ; ce cirque particulier que tout le monde connaît et qui met toujours un accent, à être différent. C’est pour ça qu’on pouvait voir dans les cages de sa ménagerie, des boa qui aboient, des girafes en cristal et des étranges chiens chilas. Il y avait aussi, parmi tous ces êtres insolites, les frères Dessans qu’on ne pouvait jamais séparer sans qu’ils ne deviennent fous et les sœurs Ciéres, un peu bizarres avec leurs nez crochus et leur menton en galoche. Bozo le premier clone humain était là lui aussi. Mais la star des stars, celui que tout le monde venait voir c’était bien sûr l’incroyable éléphant-phare. Dans l’après midi déjà, on avait pu l’apercevoir, marchant dans la ville.
Il dominait la foule de sa masse imposante. Chacun de ses pas faisait trembler le sol, déclenchant la rythmique d’une musique sourde et envoûtante. Ses grandes oreilles balayaient les airs déclenchant autour de lui des tempêtes de confettis qu’un homme, tout petit, perché en haut de son crâne immense, lançait par sacs entiers.
« - Venez, venez brave gens, hurlait il à pleine voix, venez voir venez entendre ce soir sous notre grand chapiteau bordé de noir, l’incroyable, l’inénarrable, la terrible musique, de l’éléphant-phare. Venez entendre et venez voir, celui qui repousse la nuit, qui la broie et la détruit comme si elle n’avait jamais existé. Venez ce soir tous, chers amis, admirer l’incroyable, éléphant-phare.»
Car si de jour le mastodonte était imposant, il ne restait qu’une masse grise et compacte. Certes on sentait bien chez lui, une pointe de malice, glisser dans ses yeux lisse, mais rien à voir avec ce qu’il était vraiment. Car c’était la nuit, que l’on appréciait le mieux, la démesure de son talent. Lorsque l’astre solaire abandonnait la terre, lorsque la nuit et son cortége de d’ombre envahissait l’espace, alors seulement, se révélait la véritable nature de l’éléphant.
On disait, qu’il connaissait mille sarabandes endiablées qui lui auraient été apprises par Belzébuth lui-même ; on disait qu’il brillait dans la nuit, tel une étoile, un éclair et qu’à ses côtés, le temps filait comme le vent. On disait qu’il était souple comme un serpent et léger comme une plume ; qu’il pouvait être gracieux comme un flamand et courtois comme une enclume. On disait…tant de choses sur l’éléphant-phare. Tant de chose.
Arriva le soir et la représentation. Le spectacle passa entre les pitreries de Bozo et les forfanteries des boas. Tout le monde applaudit poliment, un monsieur bailla. Puis vint le moment où monsieur Loyal, un brin cérémonial, annonça de sa voix nasale :
« - Mesdames mesdemoiselles messieurs, voici enfin venu le moment que vous attendez tous, le moment d’appeler parmi nous…l’éléphant-phaaaaaare !!!!! »
Dans le fond de la scène, les lourds rideaux rouges s’entrouvrirent. Il apparut, calme. Il semblait même un peu pataud sous ce grand chapiteau. La foule explosa en un hurlement de joie. Tout le monde était là pour lui. Tout le monde voulait voir et entendre, celui qui repoussait la nuit. L’éléphant calmement, vint se positionner au centre de la piste. Il s’assit, toujours tranquille et posé et d’un tressaillement calculé, fit tomber l’immense couverture qui le recouvrait jusque là. Dans le même temps, les lumières baissèrent alors que lui se mit à briller. Mais c’était au début, une lumière sourde et douce. Un peu surpris, le public attendit. C’est alors que devant ses yeux ébahis, il vit l’animal se mettre sur ses deux pattes arrière comme pour mieux se tenir debout. Puis tout doucement, il tendit sa trompe et se mit, dans un rythme lent et sensuel d’une étrange légèreté pour un animal si puissant…il se mit donc à balancer son bassin, de la droite vers la gauche.
De sa trompe, une musique extatique se mit à couler et ainsi emmener par ses rythmes langoureux, l’éléphant-pahre se mit à danser.
Oui mesdames et messieurs, j’ai bien dit à danser. Petit à petit il accéléra le tempo, augmenta la brillance de sa peau, joignant musique et lumière dans une chorégraphie des plus singulière. Le son enfla, la musique grandit et même déborda comme une rivière en furie, emportant la retenue et laissant loin derrière toutes les bonnes manières. Tout à son mouvement l’éléphant lui, dansait et jouait comme si de rien n’était, emportant dans le flot de sa folie furieuse une foule de plus en plus joyeuse, éclaboussant ces âmes curieuses de giclées de notes goyeuses. Certains ne savaient pas quoi faire. Devaient ils suivre cette bacchanale sulfureuse ? Tout ceci était il bien au programme ? Mais la plus part, emporté par la magie des notes et des lumières, ondulèrent et à se trémoussèrent aux rythmes endiablés que diffusait tout autour de lui l’éléphant-phare. Et cela dura dura et dura. Le temps fondit en un lingot flamboyant dans chacune de la mémoire des gens.
Et puis vint le jour. Petit à petit, les spectateurs, certains un peu étourdi, reprirent leurs affaires, leurs esprits et vers de nouvelles aventures, s’en allèrent. L’éléphant-phare lui, vaincu par le soleil, s’éteignit, presque sans bruit. Il semblait soudain moins gros, moins plein, moins agile et moins habile. Et pourtant c’était bien lui, l’animal qui repousse la nuit. L’incroyable, éléphant-phare, qu’un soir moi, j’ai pu voir.
lundi 3 septembre 2007
Poème
Manége à trois
Je veux que l'on mélange,
Mon ange,
Mes désirs
Et tes plaisirs,
Pour donner à notre errance
L’innocence d’une nouvelle enfance.
Je veux que l'on mélange,
Mon ange,
Mes désirs
Et tes plaisirs,
Pour donner à notre errance
L’innocence d’une nouvelle enfance.
dimanche 2 septembre 2007
Nouvelle
Dés, illusions.
Minuit. Comme tous les soirs j’emprunte cette longue rue mal éclairée. Le froid de l’hiver me transperce malgré mes vêtements chauds. Mes talons claquent sur le parterre gelé et seul leur résonnement métallique meuble le silence glacial qui m’entoure. Je presse le pas ; plus par impatience de n’être pas encore arrivé qu’autre chose. Une lourde porte de bois vernie. Quatre coups au heurtoir. C’est le code établi entre Léo et moi. Cela lui évite d’avoir à ouvrir la petite lunette pour vérifier si la personne est désirable ou non dans l’enceinte de cet établissement un peu particulier. Enfin je pénètre dans le vestibule du club. Une fois débarrassé de mon carcan hivernal, je commence petit à petit à me détendre et tout en me dirigeant tranquillement vers le bar du fond je regarde autour de moi. Il y a du monde ce soir et certaines tables semblent déjà parcouru par la fièvre qui prend couramment les esprits les moins préparés à l’excitation que procure une telle activité. L’œil fixe, le visage fermé et tendu, leur existence n’est plus désormais tournée que vers un seul et unique but : jouer. Jouer encore et toujours, chacun pour ses raisons, mais tous avec la même frénésie. Tout ce qui peut être voué aux paris est accepté ici. Cartes, dés, roulette, billard ; chaque univers possédant ses adeptes, ses maîtres et surtout ses règles. C’est incroyable comme dans un univers sans limites comme peut l’être ce casino, la règle peut être à ce point respectée et appliquée. Aucune limite de temps, aucune limite d’argent sont les deux seuls credo des joueurs qui fréquentent ce club et tout est fait pour les satisfaire. Je m’installe sur l’un des tabourets du bar en acajou et après avoir commandé un verre je recommence à scruter les visages qui m’entourent. Petit à petit, je me laisse envahir par le désir du jeu.
Les bruits, les odeurs et les couleurs forment ici une atmosphère presque mystique; comme si ils semblaient vouloir se combiner entre eux, pour pouvoir mieux vous guider vers des mondes dont eux seul ont la clef et dont le jeu en est le rite. Les lourds tapis moelleux aux couleurs chaudes, posés sur le sol, étouffent tous les sons des pas. Parfois, lorsque votre partie vous a totalement absorbée, vous avez l’impression que les gens qui se déplacent autour de vous, le font en flottant dans les airs, glissant d’une table à une autre en de fluides et silencieux mouvements. Du coup toutes les autres sonorités, celles qui émanent directement du casino et de ses jeux, vous paraissent beaucoup plus distinctes et beaucoup plus parlantes. Tous ces bruits familiers résonnent en moi et m’entêtent comme une litanie exaltante. Les claquements en rafales des cartes sur les tapis de jeux. Le cliquetis des dés qui s’entrechoquent dans les cornets de plastique. La longue course ronde de la petite bille lisse qui tourne dans le cercle de bois de la roulette, attendant que le destin, de sa main ironique, la guide vers l’une des cavités. Rouge ou noir. Défaite ou victoire. Petite étoile guidant les plus fous jusqu’au bout de leur chance ; petite balle tuant les rêveurs sans vigilance. Finalement c’est vers elle que je me dirige.
En passant j’aperçois l’empereur au fond de la salle, attablé à une partie de poker. Il me salue. Deux ans déjà. La plus grosse mise gagnante jamais vue dans un casino. J’étais là le soir de son sacre et je n’ai jamais rien vu d’aussi grand que le coup qu’il avait alors osé tenté et duquel maintenant il tire toute sa notoriété. Un coup de maître, car au delà de la somme pharaonique que cela lui avait rapporté, il en avait tiré une gloire qui accompagnait désormais chacun de ses gestes. Pendant trente six heures d’affilées il avait ratissé absolument tous ses adversaires au poker, amassant plusieurs millions de dollars de gains. Le poker peut être un jeu de bluff et de tactique mais il faut quand même avoir une réussite folle pour tenir trente six heures sans se faire rattraper par la déveine. Mais non content de cet exploit, il s’était levé, avait considéré le public qui s’était groupé autour de sa table pour le regarder jouer et sans rien dire s’était dirigé vers la table de craps située juste à coté. Il avait alors tout posé sur le tapis, et s’était penché à l’oreille du croupier pour lui dire quelque chose. Lorsque ce fut son tour de jouer, ce dernier annonça de sa voix neutre et professionnelle.
« - On joue pour trente fois la mise. Le douze pour trente fois la mise. » et impassible, il lui avait tendu la paire de dés. L’ambiance était devenue électrique. Trente fois la mise sur un chiffre quasiment insortable, surtout après avoir eu autant de chance que lui pendant autant de temps d’affilé. Ce n’était même plus de la provocation mais de la folie. Les paris sur ses chances de réussites ou non explosaient, car au craps on peut parier sur le joueur qui s’apprête à lancer. Tout le monde était devenu comme fou. Il avait atteint le point de non retour et avec lui il avait emmené tous ceux qui fréquentaient ce club et qui rêvaient d’avoir le courage, d’aller un jour jusque là. Je crois que c’est en partie pour ça, que son titre a autant marqué les esprits, car même avant de jeter les dés, son heure avait sonné : gloire ou déboire, tout allait se jouer maintenant, sur cet unique coup de dés. Quoi de plus flatteur pour un joueur ; et tous, nous pouvions vivre cet instant avec lui. Quant enfin l’assistance se fut calmée et qu’il accomplit son geste il n’y eu plus un bruit durant une longue seconde. Puis se fut l’explosion. Le douze. Il avait sorti le douze. Certains restaient la bouche ouverte, sans rien dire, d’autres commençaient déjà à fabriquer sa légende, mais tous nous savions qu’il était en train de vivre le moment le plus important de sa vie de joueur et surtout qu’il s’en était sorti en vainqueur. Il avait dominé la chance, et ça c’était encore plus fort que de se faire rattraper par la malchance. Depuis, une énorme plaque en or trône derrière le bar. Le montant exact de ce que lui à rapporté son coup de dés y est inscrit. Quant on pense que c’est ce qu’il aurait put perdre, on se dit que dans ces moments là ce n’est plus seulement l’appât du gain qui compte mais peut-être le désir profond de provoquer son destin jusque dans ses derniers retranchements. Et de le vaincre, pour mieux en devenir le maître.
Finalement la soirée commence plutôt bien. Les dieux de la roulette me sont favorables. Mes mises me permettent même de me rapporter un nombre conséquent de jetons et plaquettes. Je me sens gai. Le chant de la petite bille roule dans ma tête et me met dans un état d’euphorie. Au bout de plusieurs tours, je tente un gros coup. Les trois quarts de mes gains sur un chiffre. J’ai suffisamment pour me refaire au cas ou de toute façon, alors pourquoi me priver de cette petite sensation si excitante qui me prend lorsque je commence à jouer un peu plus. Après tout je suis là pour ça. Et puis je fais bien puisque je gagne. Tout en continuant de miser je regarde ailleurs. J’irai bien à la table de craps mais il y a vraiment trop de monde pour l’instant. Aller, encore quelques mises à la roulette et après, j’irai lancer les dés. Mais soudain l’ambiance monte d’un cran ; un grec vient d’arriver à la table et joue gros. Par provocation je suis. Et par chance je gagne. Pas sur toutes les mises mais tous mes gros enjeux sont victorieux. Le ton monte et les autres joueurs attablés commencent eux aussi à faire grimper les paris. Rapidement quatre d’entre eux flanchent et abandonnent. On est plus que trois et je continue d’engranger sur les grosses mises. J’aime ces moments où la tension devient un élément à part entière du jeu, où elle est palpable, où elle commence à s’immiscer petit à petit dans mon ventre et dans ma tête. Finalement le grec craque. Les montants commencent à redescendre mais moi j’ai envie de continuer à jouer. La chance est avec moi, ce n’est pas le moment de la laisser partir, d’autant que depuis le début je prends peu de risques et qu’à toutes les fois où j’en ai pris j’ai toujours gagné.
La table de craps s’est un peu libérée. Sans hésiter une seconde je me dirige vers elle. La partie est bien engagée mais l’ambiance est sereine. Je commence par suivre le mouvement puis très vite je tente des mises plus conséquentes. Et très vite la partie s’enflamme. Un russe qui était là depuis le début ne lâche rien et surenchérie en permanence. Sans me laisser emporter je sens quand même que la pression se fait de plus en plus forte. J’essaye de caser quelques mises moins importantes de temps en temps et par bonheur c’est toujours à ce moment là que le mauvais sort décide de frapper. Mais à part ça toutes mes grosses mises sont gagnantes. Au bout d’un nombre incalculable de tours plusieurs gros parieurs ont commencé à s’intéresser à la partie mais je suis maintenant tellement exalté que je ne les remarque que longtemps après leur arrivée. Ce qui m’arrive est complètement fou. J’ai l’impression d’avoir des dés enchantés. Mon cerveau est en ébullition. Ma tête n’est plus que chiffres, statistiques et concentration. La fièvre est en train de m’envahir. J’aime ça et je sens que je peux aller encore plus loin. Mes mains tremblent légèrement et lorsque c’est à moi de lancer j’ai l’impression de voir mes dés danser une sarabande interminable avant que ne tombe leur verdict aléatoire. Entre chaque tour je fume cigarette sur cigarette. La table de jeu, est désormais encerclée par un véritable mur de visages qui s’affairent et qui discutent. Les sons de leurs voix se mélangent et donnent à l’air qui m'enveloppe une vibration sombre et profonde. Soudain je capte une phrase derrière moi. « Avec tout le fric qu’il s’est fait, il vaudrait mieux qu’il s’arrête… » M’arrêter !? Non. Non, surtout pas. Du fric. Mais je me fous du fric. C’est mon heure, ma grande heure que mes dés cadences de leur valse victorieuse. Je sais que je peux encore gagner. Encore un peu. C’est alors que je réalise que l’empereur est là ; juste en face de moi. Il me regarde. Il ne suit même pas le jeu. Il me regarde moi. Puis il se penche vers l’un des hommes qui l’accompagne et lui dit quelque chose. L’homme disparaît, puis réapparaît quelques secondes plus tard. Dans ses mains se trouve l’énorme plaque en or qui orne normalement le fond du bar. Silence dans la salle. Sans dire un mot l’empereur pose sa plaque dans la case qui l’oppose à mes paris. Voilà. J’y suis. J’ai le choix. Je peux me retirer ou bien jouer encore une fois, ma chance. Peut être devrais je dire ma vie, je ne sais plus. Une longue inspiration. Allez je lance, une fois encore, une dernière fois ; une ultime foi dans mes dés et dans cette sensation jouissive de chevaucher mon destin. Mais à la dernière seconde celui ci se cabre et d’une suprême ruade reprend le dessus, me renvoyant dans un silence de mort, son verdict de défaite.
Je suis resté là sans bouger, ne sachant plus quoi faire, ne sachant plus où aller. Mes dés m’avaient mené jusqu’au bout de là où je ne pensais jamais me rendre un jour et ma déchéance était maintenant pleine et entière. A l’autre bout de la table, l’empereur avait déjà disparu emportant avec lui la gloire et la chance. Je me suis levé entouré de commentaires sombres dispensés par des voix lointaines. Ce funèbre cortége sonore m’accompagna jusqu’à ce que la porte claque sur mes talons. La nuit qui s’étendait face à moi, était sombre et glaciale.
samedi 1 septembre 2007
Poème
Ma tête
J’ai la tête ailleurs
Et le cœur rieur ;
Cela donne à ma vie
La couleur de l’envie
D’aller et de courir sans trêves
D’un bout à l’autre de mes rêves.
J’ai la tête ailleurs
Et le cœur rieur ;
Cela donne à ma vie
La couleur de l’envie
D’aller et de courir sans trêves
D’un bout à l’autre de mes rêves.
vendredi 31 août 2007
Come back
Après une interruption pour tenter de savoir si oui ou non ce blog avait une légitimité j'ai fini par me dire que, à défaut d'être vraiment nécessaire, il pourrait être au moins utile. En effet, j'écris beaucoup et publie peu. Question de talent sûrement. Résultat je suis toujours à faire des sauvegardes à droite et à gauche en me disant que la solution ultime serait de tout balancer sur mon mail histoire de garder une trace définitive. Mail il faut d'abord le faire et c'est hyper long et puis ensuite il va falloir le réactualiser tous les quatre matins pour que tout ceci ait un sens. C'est à ce moment là que mon petit cerveau malade c'est agité et c'est dit. "Mais pourquoi pas tout foutre sur le blog. Pas besoin de réactualiser, tu poses tout au fur et à mesure de l'envie du moment et comme ça petit à petit, t'aura tout dans un coin du oueb."
Alors voilà. A partir de maintenant cet endroit sera mon grenier dans lequel je vais venir mettre dans un premier temps mes archives (et ça va être long) et mes analyses stupides, je me les garderai pour moi.
Alors voilà. A partir de maintenant cet endroit sera mon grenier dans lequel je vais venir mettre dans un premier temps mes archives (et ça va être long) et mes analyses stupides, je me les garderai pour moi.
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